Élevage de korats

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Consanguinité et génétique.

Extraits et traduction de l'article du Dr Heather E.Lorimer docteur en biologie, professeur en génétique et éleveuse d'orientaux.

Qu'est-ce qu'un chat de race?

C'est une question cruciale de nos jours, mais il y a une réponse simple, tout chat reconnu comme tel par une organisation féline l'est.

Plus sérieusement, l'élément essentiel commun à toutes les races dans toutes les organisations félines, c'est le standard de la race. Historiquement, les races ont été découvertes dans un pays particulier, ou bien sont fondées sur une mutation, ou encore ont été créées à dessein. Mais dans tous les cas, les éleveurs ont cherché à sélectionner des caractères spécifiques, considérés comme recherchés dans la race.

Les populations naturelles peuvent aider à comprendre comment des caractéristiques uniques peuvent émerger et être maintenues. Bon nombre de lois interviennent dans l'émergence de caractéristiques qui déterminent une espèce ou une sous-espèce. Ces lois incluent :

Dans la nature, ceux qui survivent sont ceux qui transmettent leur patrimoine génétique à la génération suivante. Des méthodes élaborées pour éviter la consanguinité, accroissent et les chances de survie de leurs descendants, et par la même la transmission de ces comportements. Les chats de race ne sont cependant pas "créé" de la même manière que les espèces naturelles; ils sont, à l'inverse, principalement le fait de l'élevage sélectif effectué par la main de l'homme.

L'élevage sélectif, ou sélection artificielle.

Les hommes élèvent quantité d'animaux de façon sélective, pour en améliorer diverses caractéristiques depuis des siècles. Bien avant que l'on connaisse quoi que ce soit à la génétique, il était plutôt évident que lorsque l'on croise deux animaux possédant certaines caractéristiques communes, leur descendance a des chances d'en hériter.

Dans une certaine mesure, les humains se sont appliqués ces règles à eux-mêmes. Un Viking qui voulait des fils forts épousait une femme forte. Une femme qui voulait s'assurer que sa famille ne manque de rien, choisissait un homme loyal et fiable bon chasseur ou bon fermier. Un chef tribal qui voulait s'assurer une descendance épousait seulement une femme qui avait déjà donné naissance à un enfant, prouvant ainsi sa fertilité.

En créant une race de chats, de chien, ou de maïs, des caractéristiques sont sélectionnées, c'est la "sélection artificielle". Dans un système de sélection artificielle, comme pour la sélection naturelle, seul un petit pourcentage de la population se reproduit. Dans la sélection artificielle, les reproducteurs sont désignés par les hommes. Les individus qui ne présentent pas les caractères recherchés sont écartés de la reproduction.

La sélection artificielle peut donner des résultats rapides, parce que des critères spécifiques sont utilisés pour déterminer les reproducteurs de la prochaine génération.

Cependant, celà n'exclut pas que d'autres lois génétiques sont aussi à l'oeuvre. De fait, certaines, comme la dérive génétique, constituent un problème manifeste dans les races créées par l'homme.

L'homme, comme la plupart des autres mammifères, a généralement évité les mariages avec un parent proche. L'inceste est fortement désapprouvé dans la plupart des sociétés, et il est illégal dans nombre d'entre elles. Les autres mammifères ont également élaboré des comportements sociaux pour éviter la consanguinité. Il y a de puissantes raisons biologiques à celà: la consanguinité entraîne une large variété de problèmes de santé et de condition physique, qui réduisent les chances de survie.

Malheureusement, les humains n'appliquent pas les mêmes règles aux animaux qu'ils élèvent, en particulier quand la sélection se fait sur l'apparence par opposition à la performance.

Pourquoi? Parce que, la façon la plus simple de reproduire une caractéristique physique est de croiser uniquement les individus qui l'expriment. S'il y a peu d'individus qui présentent ce caractère, alors on peut réduire drastiquement le pool génétique de la race. De plus, il est toujours plus simple de travailler avec des animaux qu'on possède, plutôt que d'en acheter ou de rechercher un étalon dont le propriétaire accepte une saillie extérieure. L'introduction de nouveaux animaux ou le séjour d'une femelle en saillie extérieure génèrent aussi des problèmes. De nouvelles maladies peuvent être introduites, des caractères non souhaités peuvent s'exprimer dans la descendance. Aussi, communément, seul un très petit nombre d'animaux est choisi pour produire la génération suivante.

Il arrive qu'une pratique initiée par simple raison de commodité produise un animal exceptionnel. On veut réitérer ce succès. Si ça a marché une fois, ça pourrait marcher encore; et ainsi certaines pratiques d'élevage se perpétuent. Ceux qui ont utilisé cette méthode forment ensuite les autres à faire la même chose, et la méthode est transmise de mentor à débutant de génération en génération d'éleveur. A l'évidence, quand le pool génétique est très réduit, la variabilité l'est aussi et les chats présentent un type de plus en plus uniforme

A l'inverse, certains éleveurs ont réussi avec succès à sélectionner un "type" tout en évitant la consanguinité. Généralement, cela produit des animaux en meilleure santé, plus vigoureux. A leur tour, ils forment d'autres personnes à la méthode d'élevage qui a leur préférence. Du point de vue de la santé génétique de la race, ça devrait être la méthode de choix. Malheureusement, les vieilles habitudes ont la vie dure.

Pourquoi les éleveurs recourent-ils à la consanguinité?

Lorsque l’on crée une nouvelle race ou variété, la consanguinité est généralement pratiquée pour en fixer les caractéristiques. Initialement, les sujets porteurs de ces nouvelles caractéristiques sont peu nombreux, et il s'avère nécessaire de les croiser entre eux pour faire naître d'autres individus héritant des caractères que l'on souhaite fixer. Mais, une fois que le socle d'une race est solidement établit et que les individus qui y appartiennent sont facilement identifiés comme en faisant partie, toute raison légitime de continuer à recourir à la consanguinité disparait. Les gènes qui définissent le standard ont déjà été sélectionnés. À partir du moment où deux individus partagent les traits caractéristiques du standard de la race, il devrait être possible d'obtenir des chatons typés avec un accouplement exogame. Bien évidemment, il y a toujours une part de chance, et une portée donnée peut répondre ou pas aux attentes des uns ou des autres.

La consanguinité et ses effets

Les mammifères, la plupart des autres animaux, et certains végétaux supérieurs possèdent des mécanismes évolués pour éviter la consanguinité. Certains organismes, comme les cerises, ont même développé des mécanismes biochimiques élaborés pour s'assurer que leurs fleurs ne soient pas fertilisées par elles-mêmes ou par des individus très similaires sur le plan génétique.

korat génétiqque

La plupart des animaux qui vivent en groupe (comme les lions, les primates ou les chiens) chassent les jeunes mâles hors du groupe pour éviter leur accouplement avec des femelles de leur parentèle. Les sociétés humaines ont développé le tabou de l'inceste. Même les drosophiles semblent mettre en place un mécanisme de détection pour éviter une consanguinité trop rapprochée; en population fermée, elles arrivent à maintienir plus de diversité génétique que dans un système d'acouplement au hasard.

Pourquoi les êtres vivants évitent-ils la consanguinité? Parce qu'en général, une consanguinité très forte est nuisible à une population ou à un organisme. Il existe un phénomène bien étudié, quoique seulement partiellement compris, appelé la dépression de consanguinité.

On pense que la dépression de consanguinité est principalement causée par l'accumulation d'une multitude de mutations délétères, peu d'entre elles sont létales, mais elles diminuent la survie et la fécondité (fitness). Normalement, dans une population exogame, ces allèles sont compensés, masqués ou corrigés, par la présence de "bons" allèles (versions possibles des gènes) présents dans la population.

On pense généralement que ces mutations sont rares. C'est assurément le cas pour les gènes et pour les mutations pris individuellement. Néanmoins, des scientifiques ont mesuré les taux de mutation chez les humains, les chimpanzés et les gorilles, et ils ont découvert qu'il y avait environ 4,2 mutations/individu/génération qui modifient les protéines encodée par les gènes. Sur ces mutations, 1,5 en moyenne sont délétères et pourraient nuire à l'individu à l'état homozygote. Les scientifiques qui ont réalisé ces études suspectent que les chiffres auxquels ils sont parvenus sont en fait artificiellement bas pour diverses raisons valides. Ils estiment que le nombre réel de mutations délétères par individu et par génération atteint peut être 3.

Alors pourquoi n'avons nous pas plétore de maladies génétiques? La réponse est relativement simple: la reproduction sexuée et le brassage des allèles des gènes quand deux individus non-apparentés s'accouplent.

Quand ce brassage ne peut pas intervenir parce que les deux parents ont déjà en grande partie les mêmes allèles, le résultat est une dépression de consanguinité, si ce n'est dans leur descendance directe ce sera au bout de quelques générations issues de tels croisements.

La dépression de consanguinité englobe une grande variété de défauts physiques et sanitaires. Généralement, un sujet consanguin présente plusieurs de ces défauts, mais pas tous. Ces défauts incluent :

Les effets de la consanguinité sur le système immunitaire.

Le plus grand dégât causé par la consanguinité est une diminution inéluctable de l'efficacité du système immunitaire. Le système immunitaire des mammifères est un exceptionnel système intriqué, conçu pour lutter contre tout envahisseur étranger potentiel. Il dépend complètement de la diversité génétique. Quand un animal a des copies identiques des gènes de son système immunitaire, ses capacités de lutte contre la maladie sont moindres. Le résultat final est un animal qui peut parfaitement se défendre contre certaines maladies, mais qui est extrêmement prédisposé aux autres. Ce phénomène s'observe à la fois en laboratoire (il y a une liste pour chaque souche murine consanguine des maladies contre lesquelles elle peut se défendre ou non), et dans la nature chez les espèces en voie de disparition.

Un ensemble de gènes joue un rôle criucial dans la capacité d'un animal à se défendre contre toutes maladies auxquelles il peut être exposé : les gènes du CMH (le complexe majeur d'histocompatibilité). Ce sont les gènes qui permettent de marquer virtuellement toutes les cellules d'un être vivant pour aider le système immunitaire à distinguer le "soi" des envahisseurs tels que les bactéries ou les virus.

En plus de servir de marqueur du soi à une cellule du corps, ces gènes remplissent une autre fonction essentielle: ils présentent toute molécule étrangère (ou antigène) au système immunitaire. Cette présentation de l'antigène est nécessaire pour que les cellules du système immunitaire identifient et répondent à une agression extérieure. Malheureusement, chaque protéine du CMH  ne peut se lier et/ou présenter qu'une sélection d'antigènes. Heureusement, nous, mammifères, avons un nombre important de gènes du CMH et il existe de nombreuses versions (ou allèles) pour chacun de ces gènes.

Ces gènes jouent un rôle crucial dans le système immunitaire pour différencier le soi du non soi et pour identifier les antigènes étrangers. La variété au sein de ces gènes est probablement essentielle pour qu'une espèce survive à la diversité d'organismes pathogènes auxquels ses individus peuvent être confrontés.

Prenons un exemple simplifié. Imaginons qu'il y a 2 gènes du CMH, chacun ayant 5 allèles. Cela peut donner un total de 225 génotypes différents ! En fait, chez l'homme, il y a au moins 9 gènes distincts du CMH de classe I, et bien plus de gènes de classe II, sans parler des gènes de classe III. A ce jour, pour les 3 gènes les plus étudiés parmi les gènes de classe I, on a découvert 37 allèles pour l'un, 59 pour l'autre et 111 pour le troisième à ce jour! Cela produit une considérable diversité des capacités de défenses immunitaires d'une population dans son ensemble.

Cette variété considérable permet aux cellules de notre corps de répondre aux agressions d'une variété considérable d'antigènes, nous permettant ainsi de nous défendre contre une grande variété de maladies. Un autre bénéfice de ce système, avec cette considérable diversité des gènes du CMH, c'est que, pour une famille donnée, il y a une forte probabilité que la mère et le père aient des jeux d'allèles complètement différents et que chacun des enfants aie une combinaison unique. De cette manière, si une maladie donnée parvient à déjouer système immunitaire d'un membre de la famille, il se peut qu'elle ne puisse pas en faire autant avec les autres membres de la famille.

Quand un animal est fortement consanguin, le nombre de ces variations est dramatiquement réduit. En reprenant notre exemple simplifié à deux gènes de 5 allèles chacun, un animal hautement consanguin serait homozygote pour ces deux paires alléliques et ne produirait que deux molécules du CMH. Pour aggraver les choses, tous les animaux du groupe consanguin produisent les deux mêmes, donc si un animal est incapable de répondre à une maladie grâce à son immunologie, aucun d'eux n'en est capable.

Pour agrandir survoler l'image.
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Les barres claires representent le taux d'hétérozigotie et les barres sombres montrent le taux de consanguinité observé. L'axe Y represente le pourcentage (0.1=10%). Malgré des effectifs relativement faibles le korat bénéficie du taux de consanguinité le plus bas parmi les chats de races. Cette particularité est essentiellement due au phénomène race naturelle ancienne. Les premiers specimens importés en occident possédaient un pool génétique important et la sélection artifielle basée sur la consanguinité n'a pas eu le temps de faire ses ravages sur cette race importée tardivement. La race la plus récente de la CFA, le Sibérien, a la variation la plus élevée, (taux d'hétérozigotie) comparable à celle des populations aléatoires.

Un plan de gestion de la race Korat a été mis en place, identique au plan de gestion pour la survie des espèces élevées en captivité. En étudiant les séquences microsatellites de 145 génomes de korats et les pedigree de 471 Korats, l'étude de Monika Joanna Lipinski, confirme que la race possède une bonne diversité génétique et un taux de consanguinité faible. L'étude de la structure génétique confirmait l'origine géographique évidente des individus, l'asie du sud-est; et l'importation de chats en provenance de Thaïlande a prouvé son utilité pour enrichir le pool génétique de la race. Les stratégies de gestion de la race Korat peuvent être prises en exemple et peuvent être appliquées pour la préservation d'autres races. Par ailleurs, cette étude montre que la structure génétique des populations de Korats et de Birmans sont étonamment très proches.